ÉMILE FOUCHER

Walking Practice

Performance
Continuing my investigation into performative research as a form of methodology for art making, through this project, I explore walking as an ongoing performance practice.

In this specific series, I follow the path of former railway tracks. I perform my walks on these trajectories to map the presence of a railway system that used to connect the locations of industrial production in Montreal. Walking with the GPS receiver activated on my phone, I track my position in space to draw a line on the pathway of these former freight sites.

Displayed on screens within digital animations, the recordings of my behaviors act as a visual documentation of the performance. The coloured paths visualize the walks I've undertaken in 2022, in relation to aerial imagery from the Montreal Archives captured in 1964. As a way to measure distance, the animations are keeping the same length as the duration of my walks.

The data collected through this gesture are uploaded on an online platform and can be downloaded in various file formats (GPX, KML, GeoJSON).

About Émile Foucher

(He/Him)

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Portfolio
Émile Foucher makes work in a wide range of media including video, performance and sculpture.

Émile’s creative approach is a hybrid of research-based and experimental processes. Informed by the fields of graphic design and urban studies, he creates works which investigate the spatial politics of cities.

Through a combination of digital sculptures, site-specific interventions and walking performative actions, Émile develops a context-driven approach. The exploration of technologies and processes borrowed from varied fields shapes Émile’s evolving practice and introduces new discourse to the formal and abstract elements of his work.

Émile Foucher was born in 1996 in Rimouski, Québec. Émile studied Interactive Design at the Danish School of Media and Journalism in Copenhagen and is an active participant in the Fablab movement in Montreal. In spring 2022, he will graduate from Concordia University with a Bachelor of Fine Arts in Intermedia (Video, Performance and Electronic Arts).

His work has been included in group shows at venues such as Gham & Dafe, Perte de Signal and La Station, the former Nun’s Island-gas station designed by Mies-Van der Rohe. Émile has also received a Publication Grant from the Fine Arts Reading Room at Concordia University and has had work published in Pica Magazine, a student-led publication from UQAM’s School of Design.

He is a member of punkLab, an artists collective born of Montreal’s Fab Lab’s scene.

Émile Foucher lives and works in Montréal, Québec.



Interview Questions

from Laurence Baril to Émile Foucher
Q1: Les anciens chemins de fer ont conditionné et déterminé l'essence morphologique, spatiale et sociale de Montréal, constituant une barrière physique, une enclave, une limite, un non-lieu. Ils déterminent les legs physico-spatiaux du territoire montréalais, souvent avec une connotation négative au yeux de l'urbanisme. Après avoir étudié le tracé de ces non-lieux, quel serait selon toi, le potentiel envisagé par un réaménagement de ces frontières?

Un potentiel réaménagement, selon moi, serait de conserver leur fonction première soit celle de déplacer des biens ou des gens. En suivant le chemin de fer du Canadien Pacifique, c’est possible de lier le Vieux-Port à Ahuntsic en traversant Hochelaga, les Shops Angus, la promenade Masson, La Petite-Patrie, le Mile-End, Outremont, Parc-Extension, Chabanel, etc. L’ancien chemin de fer à LaSalle permet de traverser le quartier complet d’est en ouest, en partant du métro Angrignon jusqu’au canal Lachine. Dans le contexte de la crise climatique actuelle, trouver des moyens de se déplacer autres que celui de la voiture individuelle est important. Relier les différents quartiers montréalais, qui se situent aux extrémités de l’île, permettrait aussi de briser l’isolement. Je verrais bien, par exemple, des tramways emprunter les anciennes friches ferroviaires pour desservir des quartiers qui n’ont pas de transport collectif structurant. L’aménagement de lien vert avec piste cyclable et sentiers pédestres permettrait aussi, au citoyen actif, de se déplacer en vélo sur de longues distances, et ce en empruntant un réseau indépendant de celui de l’automobile.

Q2: En éliminant ces barrières, on transforme les quartiers permettant ainsi leur ouverture et leur mutation, tel que par exemple la Place Valois devenue un centre urbain. D’après toi, quels sont  les avantages et les inconvénients de cette mutation?

La Place Valois, c'est un bon exemple dans le contexte de cette question. L’antenne Longue-Pointe, qui autrefois coupait à travers les quartiers d’Hochelaga et De Maisonneuve, traversait la rue Ontario à cette hauteur. Aujourd’hui, c’est un point névralgique du quartier, avec des commerces, une place publique et de nouvelles habitations, c’est devenu le cœur du quartier d’Hochelaga. Les avantages de cette mutation permettent de densifier les lieux grâce à de nouvelles habitations et de nouveaux services, c’est plus écologique dans la crise climatique actuelle, que le modèle de l’étalement urbain proposé par les banlieues. Cependant, l’arrivée de la Place Valois a grandement contribué à l’embourgeoisement du quartier. La mutation d’une ancienne friche ferroviaire en parc linéaire contribue souvent au processus d’embourgeoisement des quartiers comme pour le High Line à New York et le Meatpacking District par exemple.

Q3:  Quelle est ta vision pour la suite de ce projet ? En consultant tes réalisations antérieures, je constate un intérêt pour l’intervention in-situ. Il serait pertinent de pouvoir consulter l'œuvre sur place puisqu’elle fait directement référence à l’histoire du territoire. Comment envisages-tu cette possibilité?

Ce pourrait être possible de consulter l’œuvre sur place par le moyen d’une application de type réalité augmentée ou sonore. Je pense aux audio walks de Janet Cardiff ou au projet Linked de Graeme Miller, des œuvres qui couvrent un large territoire, accessible par un support numérique. Sur place, installer un artefact de façon pérenne me semble précaire. Une intervention urbaine de type « pirate » me semble plus réalisable qu'une installation d’art public institutionnalisée. Je verrais bien une intervention en continuité sur toute la distance de mes marches, en suivant le chemin de fer, je pense au fil d’Ariane ou encore à la ligne verte de Francis Alys.

Q4: En considérant le contexte de la galerie, quelle serait la manière la plus adaptée pour véhiculer ton intention? En plus de l'écran et des affiches, il serait peut-être pertinent que des informations sur l'histoire du territoire et du contexte derrière “Walking Practice” y soient communiquées. Comment présenterais-tu ce projet à un spectateur qui ne connaît pas le contexte historique de Montréal?

J’aimerais réaliser un atelier de cartographie dans le quartier Chabanel où se situe Eastern Bloc. J’en profiterais pour expliquer ma pratique performative et j’inviterais les participants de l’atelier à enregistrer leurs données GPS, puis les exporter, pour rendre leurs expériences tangibles. Plusieurs chemins de fer sont enfouis dans Chabanel, nous pourrions partir à leur recherche, tout en explorant un quartier industriel important dans le contexte historique de Montréal.

Q5: Quand on évoque les anciens chemins de fer, le mot-clé "limite" acquiert tout son sens. Dans le cadre de ce projet, tu fais appel à ton corps comme outil pour tracer des trajectoires sur le territoire de Montréal. Quelles sont les limites de ce processus (Physiques, temporelles, psychologiques, etc)?

D’abord, lorsque je performe les marches, je dois prévoir un itinéraire d’avance qui me permet de les effectuer en continu d’un seul coup. Je ne peux pas, par exemple, effectuer de trop longues marches sur de trop longues distances, car c’est épuisant. De plus, je m’en tiens qu’aux chemins de fer légalement accessibles, pour éviter de me retrouver dans une situation malchanceuse, ce qui limite l’étendue de mes parcours. Plusieurs chemins en fer ne sont pas accessibles au public, puisqu'ils appartiennent encore au Canadien National et au Canadien Pacifique. Finalement, les données GPS documentent l'action, mais la marche en tant qu’événement passe inaperçue puisque personne ne sait que je performe lorsque je marche sur les chemins de fer. Une fois la marche terminée, il ne reste aucune trace de mon passage.